"Dear Diary ..."

Oui c’était un vrai choix, c’est pas l’impression que ça donne ?

Pourquoi je suis devenue Assistante de Direction et pas coiffeuse ? Bah déjà je suis du genre hyper maladroite, des dizaines de Barbies outrées pourraient en témoigner, je connais pas mal de Ken qui, à cette heure, ont lancé des chasseurs de prime sur ma trace… Puis je trouvais que faire la conversation à une mamie (si, la météo peut faire l’objet d’une conversation tout à fait constructive) me pèserait, sans compter que j’aime pas trop tripoter les gens, encore moins des trucs sales genre des cheveux pas à moi, voire même des squames.

Déjà, J’ai passé un Bac STT ACA (Bac Sciences et techniques du Tertiaire Administration & communication Administrative), ça en jette grave mais c’est tout, en gros je suis la technicienne la plus pointue pour détartrer la machine à café et je communique avec une grande aisance auprès du service Informatique quand il s’agit de changer le toner de l’imprimante. Enfin en gros hein ! Alors pourquoi ce Bac plutôt qu’un autre ?

1/ les maths y étaient plus faciles (ouais même que j’ai eu 14/20, « Historique »)

2/ j’ai pensé qu’il serait de bon ton d’apprendre à utiliser un ordinateur (comme quoi j’ai eu du pif tout le monde en a un aujourd’hui, même les coiffeuses)

3/c’est la seule section qui m’acceptait, j’aurais du me méfier…

Bon j’ai quand même été en Fac de Lettres Modernes, histoire d’éprouver ma vocation naissante pour l’enseignement. Verdict après l’obtention de mon DEUG : j’aimais pas les post-ados qui râlent/n’écoutent rien/ont un physique disgracieux, en revanche j’adore la littérature J’ai préféré raccrocher les gants. Il se trouve qu’entre temp j’ai changé d’avis, j’ai une vraie passion pour les post ado (plutôt mignons de préférence) mais rien à voir avec la pédagogie…

Et puis le premier job d’Assistante, parce que, que l’on ne se méprenne pas, c’est un secteur qui ne mourra pas, les offres d’emploi sont légions.

Je m’explique, il y aura toujours des tyrans, des dictateurs sanguinaires et compulsifs, mais ces gens-là pourraient pleurer devant une cafetière Nesspresso (bah ouais banane, faut remettre de l’eau ça va pas se remplir tout seul !) et là vous êtes la femme de la situation, vous êtes celle qui apporte le café salvateur et croyez-moi il ne faut pas minimiser votre rôle, non surtout pas. Parce que ce mug de café mes amis peut sauver la journée (et pourquoi pas la vie) de plusieurs de vos collaborateurs. Si ça c’est pas un beau métier !

Donc voilà, je suis tombée dedans un peu par hasard et beaucoup par orgueil. Le patron chiant, tatillon, rigoureux est parfois content de vous et ça vous le savez tout de suite. Vous êtes un peu l’interface entre Caligula (c’est le pseudo du dictateur qui m’emploie) et les étrusques (oui l’Assistante de haut vol peut utiliser certaines références culturelles bien senties, c’est un plus, un peu comme l’anglais si vous voulez). Bref vous savez tout, tout le monde tente de vous soumettre des infos pour en obtenir en retour. Oui vous ! Vous êtes le nerf central dans la vie de l’entreprise. Et tout ça, ça à un prix : l’Amour Propre

Parce qu’il faut pas se leurrer, l’Assistanat c’est l’esclavage moderne sauf que tu as un salaire et des tickets restau.

Bref toujours est-il Je ne m’attends pas ici à donner quelques conseils éclairés sur le difficile métier d’Assistante. Vous aurez noté, comme tout lecteur averti, que je n’ai pas dit « le convoité métier d’Assistante », pour la bonne et simple raison, qu’il s’agit d’une tâche peu intéressante, voire même carrément ingrate dont nous avons beaucoup à dire avec mon amie Barbell et moi-même, mais pas en bien.

On a tant à dire que l’une de nous va même sortir un bouquin façon Pernoud pour guider les pauvres filles qui décideront d’embrasser la carrière en pur insouciance (les bécasses), l’autre se contentera de monter une antenne d’aide aux Assistantes anonymes, un peu comme pour les femmes battues, sauf que là les contusions sont essentiellement localisée autour de l’amour-propre, et des genoux pour les plus faibles d’entre nous.

Pour l’heure, comme on est aussi des femmes d’une trentaine d’années, que l’une d’entre nous partage même sa vie avec un félidé avec un nom d’être humain (quoi ? Quel stéréotype ?), on va aussi vous parler un peu de notre quotidien.

Parce que finalement ça fait quoi une fille d’une trentaine d’années qui comble (presque) tous les souhaits d’un despote (peu importe son sexe, le pouvoir rend fou quoiqu’il advienne) et ce, durant une dizaine d’heures par jour (dans le meilleur des cas) ? Bah ça prend des râteaux avec les mecs, ça se cultive un peu (n’allez pas voir Twilight par pitié), ça sort avec ses copines (pour dire du mal des gens), ça va prendre un verre après le boulot (synonyme de « mine » ou « race » en ce qui me concerne) et ça cherche un autre job très, très régulièrement.

Ce qu’il y a de bien c’est que Barbell et moi on a des opinions sur tout (et moi en plus j’ai même les théories qui vont avec) alors autant vous dire que si la photocopieuse couleur/scanner/fax n’a pas de secret pour nous, ce qui ce passe dans le reste du monde (qui ce borne à Paris intra-muros en ce qui me concerne) non plus.

Donc voilà, on va travailler à 4 mimines, on avait jamais blogué avant (oui nous sommes vierges…), on porte des lunettes, on ne fait pas de chignon, on portera jamais de vilains tailleurs en tergal, bref on est des assistantes pas ordinaires, en plus on est hyper drôles. Alors Welcome in our Hell.

Perdita

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Perdita Durango, le 1 février 2009
 
 

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