"Dear Diary ..."
Interview : The Office

Ma bonne copine Perine a reprit un florilège de toutes les questions qu’on me pose depuis que le blog existe. Elle s’est collée dans la peau d’une journaliste et le résultat c’est ce qui suit.
Si tu es assistante ou que tu as fini ton Sudoku et que tu t’ennuies Lecteur, réponds à ses questions, je te publierais avec plaisir.
Ce que tu avais envie de faire comme job quand tu étais petite ?
Au début je voulais être styliste, ensuite prof de Lettres et pour finir Journaliste.
Il s’est passé quoi au juste pour que tu deviennes Assistante ?
Pour le stylisme, je suis nulle en dessin et c’est à peine si je sais recoudre un bouton.
Pour l’enseignement, bah je n’aime pas les enfants et j’aime un peu trop les ados.
Pour le journalisme, j’ai longtemps pensé que je n’avais pas accès à certaines choses, être Assistante c’est avant tout avoir le self-estim qui traine par terre, ma voie était donc toute tracée.
Est-ce que tu mens/enjolives durant un entretien professionnel ?
Comme une arracheuse de dents ! Disons que je donne une image de la fille qui a super confiance en elle et qui en veut. Alors qu’en vérité moi je veux des tickets restau et une mutuelle, pas faire du café et répondre au téléphone. je ne peux décemment pas dire que ma valeur ajoutée sont mon humour de m…de et mes scores au baby foot.
En général tu préfères un bureau individuel ou faire partie d’un open space ?
A l’époque où l’on pouvait encore fumer dans son bureau, j’aurais préféré être en open space. Tout le monde pensait que mon bureau tenait lieu et place de salle fumeurs et se sentait de surcroit le besoin de me faire la conversation.
Pour te donner une idée de mon rapport aux autres, je fais semblant de dormir chez la coiffeuse pour qu’elle ne me parle pas.
L’open space, c’est bruyant et tu n’as aucune intimité, mais tu participes un peu à la vie de ton équipe et puis quand il y a une bonne ambiance c’est sympa.
Mais je préfère être chez moi ou dans un bar avec mes potes.
Selon la légende, les Assistantes font leurs ongles au bureau, et toi ?
Je faisais déjà des french manucures en cours d’anglais au lycée. J’ai lâché la french (trop vulgaire) maintenant je mets du noir de chez Chanel avec une discrétion déconcertante. Prochain défi, me faire les ongles des pieds au bureau.
Le sexe au bureau ?
J’ai déjà parlé de ça ICI et ICI. En fait je ne suis pas une fanatique du sexe au bureau, question de pudeur, mes histoires ne regardent que moi. La perspective de me faire gauler par mon patron m’excite moyen. En revanche, c’est vrai que je rencontre souvent mes mecs au bureau.
Tu expliques ça comment ?
Disons que je suis une fille du genre timide. Que oui je sors beaucoup mais que je ne suis visiblement pas le genre qu’on aborde dans les bars. Au bureau, tu côtoies les gens tous les jours, tu les connais, visiblement je suis plus stimulée par le fait de connaitre l’autre et le bureau semble être particulièrement pratique pour cela,
Timide ???
Oui je te rassure, je suis agressive et même un peu désagréable quand même.
Le dress-code au bureau ?
En général, quand je prends un nouveau poste, je m’habille un peu passe-partout et j’évite l’excentricité. Chemin faisant, j’intronise à dose homéopathique le jean, les converses, le Bic dans les cheveux, les collants rouge, les Louboutin (que va me filer Barbell, j’ycrois).
Je suis assez loin de l’image de l’assistante classique. Le côté passe-partout, sobre, limite austère n’est pas pour moi.
Tu es plutôt cantine d’entreprise, restau ou sandwichs sur le pouce ?
Nous n’avons pas de cantine, ce qui est une bonne chose. De toute façon je suis plutôt sandwichs et restau (dépend du nombre de mes tickets restau). S’il y a avait une Cantine, je n’irais pas, je commanderais des pizzas faute de restau dans le quartier ou je me préparerais un truc la vielle.
Me retrouver dans un espace dédié, avec tous mes collègues pour parler de boulot, ce n’est pas l’idée que je me fait d’une pause déj’. De surcroît, je suis une fine gastronome, mon organisme refuse d’ingérer des produits estampillés Tricatel.
Tu gères comment l’autorité hiérarchique ?
Mal. Disons qu’il faut que mon boss soit sacrément brillant et pas trop mégalomane pour que nos rapports soient cordiaux. J’ai un peu de mal à bosser pour un incompétent dont le QI avoisine le même score que celui d’un bigorneau.
Je ne supporte pas l’idée de la condescendance en général. Et si tu n’as rien à m’apprendre, ça accentue un peu mon antipathie à ton égard, dans le meilleur des cas, je t’ignore poliment.
Le patron idéal ?
Il sait réserver un restau tout seul, il sait imprimer des documents et surtout il est conscient qu’on ne peut décemment pas tripper devant un compte-rendu de réunion, donc il fait varier tes tâches.
J’en profite au passage pour rappeler l’abolition du droit de cuissage.
Tu aimes ton job ?
Non. D’une certaine façon j’ai parfois travaillé avec des gens vraiment intéressants, qui m’ont appris beaucoup de choses, ça rendait ma tâche moins contraignante. Après je n’ai pas le sens du service, c’est un peu un handicap dans ce métier, et l’administratif pur me casse les noisettes. 90% d’administratif pour quelqu’un qui n’a pas géré sa paperasserie perso depuis les accords de Yalta c’est l’enfer.
Après je bosse dans la Pub, c’est tout de même un milieu sympa. Je bosserais dans la plomberie, je crois que je me serais déjà suicidée, pendue au bout d’un truc PVC.
Tu comptes changer d’activité ?
J’y travaille justement, Je te tiens au courant de mes avancées.
Tu as envie de rajouter autre chose ?
Oui, ça n’a aucun rapport mais j’aime pas Marion Cotillard, c’est dit.
Perdita, Herself



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